Die Auswirkungen der Krise auf die Schweiz sind moderat

Da die Auswirkungen des Konflikts indirekt sind, werden die wirtschaftlichen Aussichten laut Maxime Botteron von der UBS kaum revidiert. Ein Mangel würde alles verändern.

 

Mit der Verlängerung des Konflikts im Nahen Osten werden die Inflationsaussichten nach oben revidiert und das Wachstum nach unten. Die Schweiz wirkt jedoch widerstandsfähiger als andere Länder trotz fehlenden Öl- und Gasvorkommen. Der Franken bleibt gegenüber dem Euro relativ stabil. In diesem Umfeld beantwortet Maxime Botteron, Ökonom bei der UBS, die Fragen von Allnews:

Wie viel kostet die Schweiz jeder zusätzliche Monat der Sperrung der Meerenge von Hormus?

Es ist äußerst schwierig, diese Kosten zu schätzen. Die Schweiz ist besser geschützt als andere aufgrund eines relativ geringen Energieanteils am BIP. Sie profitiert auch von einem Trend zu sinkender Energieintensität, das heißt, sie benötigt weniger Öl und Gas, um eine Einheit BIP zu erzeugen. Die Schweizer Wirtschaft ist in den letzten Jahren effizienter geworden.

Um wie viel haben Sie Ihre Wachstums- und Inflationsprognosen seit Ausbruch des Konflikts nach unten korrigiert?

Wir haben unsere Wachstumsprognose für 2026 von 0,9 % auf 0,7 % gesenkt (Hinweis: BIP exklusive der sportlichen Großereignisse). Die Anpassung ist moderat, aber die Unsicherheit bleibt hoch.

Bei der Inflation sind unsere Erwartungen von 0,3 % auf 0,6 % für 2026 gestiegen. Das Risiko liegt wahrscheinlich aufwärts. Die Annahme für den Ölpreis liegt bei 90 bis 100 Dollar. Falls der Ölpreis innerhalb von sechs Monaten auf 120 Dollar steigen sollte, würde die Inflation in der Schweiz auf 1 % klettern. Selbst ein pessimistisches Szenario führt daher nicht zu einer Inflation in der Nähe von 2 %.

Die Auswirkungen des Konflikts werden sich auch 2027 bemerkbar machen. Haben Sie Ihre Erwartungen für das nächste Jahr angepasst?

Die ungerändert? Wir haben sie kaum angepasst. Für das Wachstum haben wir sie leicht nach unten korrigiert, auf 1,4 (von 1,5 %). Für die Inflation prognostizieren wir weiterhin 0,6 %.

«Wir haben unsere Wachstumsprognose für 2026 von 0,9 % auf 0,7 % gesenkt.»

Wie erklären Sie diese große Stabilität, obwohl 20 % des weltweiten Handels durch die Hormusstraße fließen?

Unser Basisszenario sieht eine Wiedereröffnung der Hormusstraße vor. Außerdem ist Asien ein größerer Abnehmer von Öl aus dem Mittleren Osten als Europa.

Die Schweiz importiert ihr Öl eher aus Afrika, Zentralasien und den Vereinigten Staaten. Gas wird teilweise aus Katar bezogen, aber in geringem Maße. Die Auswirkung auf das Wachstum ist derzeit indirekt. Sie würde wichtiger werden, falls es zu einem Gasmangel und Ölmangel kommt, der die Nachfrage auf eine Weise senken würde, wie sie während des Covid-Lockdowns beobachtet wurde.

Der Energieträger-Mix ist günstiger, aber ist der Anteil der Industrie am Mehrwert nicht mehr als doppelt so hoch wie der unserer Konkurrenten?

Der Erneuerbare-Energien-Mix ist günstiger, aber ist der Anteil der Industrie am Mehrwert nicht mehr als doppelt so hoch wie der unserer Wettbewerber?

Wenn man das Beispiel von 2022 und der Invasion der Ukraine durch Russland nimmt, führte die Erhöhung der Gaspreise zu vielen Veränderungen in der europäischen und Schweizer Industrie. Man hat einen Rückgang der Gasnutzung beobachtet, um eine Einheit BIP in der Schweiz zu schaffen. Dasselbe Phänomen trat zu der Zeit der Covid-Pandemie und der Nutzung von Öl auf. Die Industrie wurde effizienter. Einige Zweige sind jedoch betroffen, wie die Metallurgie, die Materialindustrie und einige Bereiche der Chemie. Aber die Pharmaindustrie ist besser geschützt, sie spielt eine Schlüsselrolle in der Schweizer Industrie.

Wie erklären Sie die deutliche Abweichung der Inflationsprognosen zwischen der Schweiz und den Vereinigten Staaten?

Die Inflation lag zu Beginn des Konflikts in der Schweiz nahe 0 %, während sie in der Eurozone und in den USA bei etwa 2 % lag. Wir gehen daher von einem relativ niedrigen Ausgangsniveau aus. Zudem ist der Anteil von Energie am Verbraucherpreisindex international gesehen relativ gering. Eine Erhöhung des Ölpreises hat nicht die gleiche Wirkung. In den USA sind die Steuern auf Kraftstoffe niedriger als in Europa, sodass der Anstieg des Ölpreises zu einem schnelleren Anstieg des Benzinpreises führt.

Welche Konsequenzen ergeben sich für die Zentralbanken?

Als der Konflikt ausbrach, zogen die Märkte unmittelbar Vergleiche mit 2022 und erwarteten rasche Zinserhöhungen. Unserer Ansicht nach erschien diese Reaktion überzogen, insbesondere für die Schweiz. Die Märkte hatten eine Erhöhung der SNB-Zinssätze um bis zu 1,5 Prozentpunkte eingepreist, während sie vor dem Konflikt noch den Rückkehr zu negativen Zinsen befürchteten.

Même dans un scénario avec 120 dollars du baril durant six mois, la BNS ne devrait pas augmenter ses taux d’intérêt ces 12 prochains mois, 
Pour la BCE, nous n’attendons pas de relèvement des taux, à la différence du consensus du marché. Le risque existe toutefois qu’elle augmente malgré tout ses taux selon le niveau d’inflation. Pour la Fed, nous attendons deux baisses de taux directeurs. La Fed a un double mandat à satisfaire, la stabilité des prix et le plein emploi. La deuxième partie de son mandat justifie des baisses de taux, d’autant que le niveau des taux est plutôt restrictif en ce moment.

«Même un scénario pessimiste ne conduit donc pas à une inflation proche de 2%.»

Vous attendez-vous donc à une hausse des prix relatifs mais pas à une hausse généralisée des prix?

Effectivement. Le risque consisterait à passer d’un ajustement des prix relatifs à un scénario de hausse généralisée en raison des effets de second tour et une augmentation des prix de l’alimentation, dans le sillage des prix des engrais et du diesel, et une hausse des salaires. 
La Suisse est dans une situation particulière en matière agricole, du fait de son protectionnisme. Les prix alimentaires suisses évoluent de façon déconnectée des prix mondiaux, comme on l’a vu en 2022.

Les rendements obligataires sont légèrement montés à 0,4%. Qu’en attendez-vous?

Avant le conflit, nous avions prévu 0,4 à 0,5% pour les taux à 10 ans des obligations de la Confédération. Nous pourrions dire que nous avons eu raison pour de mauvaises raisons. L’attente de taux négatifs de la part des marchés nous paraissait trop pessimiste. La normalisation s’est produite et nous n’attendons guère de changements pour les taux à 10 ans.

A la différence de vos attentes, les scénarios apocalyptiques sur l’économie et les marchés sont innombrables dans les médias. Comment le comprenez-vous?

Les raisonnements sont souvent binaires. Le détroit d’Ormuz sera ouvert ou fermé. Et l’issue du conflit dépendra d’un très petit nombre de décideurs, si bien que les prévisions sont compliquées. À notre avis, une normalisation devrait se produire. S’il est durablement fermé, la situation devrait être plus difficile.

Il ne faut pas oublier qu’avant le conflit la dynamique était positive, avec des soutiens à la croissance venant de la politique budgétaire aux Etats-Unis (0,2 point), en Allemagne et au Japon (0,8 point de croissance). Le remboursement des droits de douane (annulés par la Cour Suprême) apportera une autre forme de soutien. Et en Allemagne, les dépenses dans la défense et les infrastructures contribueront à la croissance.

Les statistiques conjoncturelles du premier trimestre sont d’ailleurs assez bons, notamment l’indice des directeurs d’achat dans le secteur manufacturier dans la zone euro.

Est-ce que certains secteurs suisses profitent des derniers événements?

L’énergie durable devait déjà profiter de la demande de rénovations en lien avec l’abolition de la valeur locative. Elle profitera, du moins dans le solaire et les pompes à chaleur, d’une impulsion supplémentaire liée à la hausse des prix des énergies fossiles.

La construction également?

Les conséquences sont à double tranchant pour la construction. Les carnets de commande resteront bien orientés, mais les marges pourraient souffrir de la hausse des coûts de l’énergie.

«Notre prévision de base est de 0,93 pour l’euro à 12 mois, dans l’hypothèse d’une détente au Moyen-Orient».

Les bancaires ne profitent-elles pas d’un possible déplacement de richesses des Emirats arabes vers la Suisse, du moins dans la gestion de fortune?

Si des anecdotes vont dans ce sens, il n’existe pas de données tangibles pour les appuyer. Il faut savoir si ces fortunes sont gérées sur place par une banque suisse ou en Suisse par une banque étrangère. Je ne peux donc pas confirmer de tels changements.

L’industrie pharma souffre des droits de douane, de l’impôt minimum sur les sociétés. Le cluster de la santé est-il condamné à se réduire?
Nous avions déjà déclaré nous attendre à ce qu’une partie de la production pharma destinée aux Etats-Unis soit délocalisée Outre-Atlantique d’ici 5 à 10 ans. L’impact se lira dans les exportations suisses vers les Etats-Unis. Cet effet n’est pas lié aux événements au Moyen-Orient, mais à la montée du protectionisme aux Etats-Unis.

Est-ce un léger ajustement ou un mouvement inquiétant pour le PIB suisse et l’emploi?

Cet ajustement se lira dans le PIB et le potentiel de croissance, même s’il est difficile à estimer. C’est une branche qui est très productive (en termes d’emplois dans la valeur ajoutée), si bien que l’emploi sera moins pénalisé que dans une autre branche. Nous ne devrions pas nous inquiéter des répercussions sur l’emploi à ce sujet.

Les perspectives de l’industrie horlogère se sont-elles nettement assombries du fait du conflit?

Les perspectives de l’horlogerie étaient déjà difficiles à la suite du conflit en Ukraine et des droits de douane. Les exportations horlogères vers le Moyen-Orient représentent environ 10% du total, ce qui n’est pas négligeable. Les perspectives ne sont pas très optimistes pour cette branche.

Les exportations horlogères ont été rendues volatiles par les droits de douane, actuellement à 10% pour les Etats-Unis. Il est difficile à savoir si d’autres marchés pourraient remplacer ce manque à gagner.

Est-ce que le franc s’appréciera davantage?

Le franc a profité de son caractère de valeur refuge au début du conflit. Ensuite, le marché a réagi aux divergences entre les banques centrales. La BCE s’est concentrée sur le risque d’inflation, indiquant qu’elle était prête à relever ses taux, alors que la SNB a fait le contraire en soulignant sa capacité à intervenir sur le marché pour freiner le franc.

Chaque mois, nous estimons le montant des interventions de la BNS. Nous les estimons à 2,5 milliards de francs en mars. La BNS a bel et bien réagi pour freiner le franc. Notre prévision de base est de 0,93 pour l’euro à 12 mois, dans l’hypothèse d’une détente au Moyen-Orient et du soutien européen à la croissance.

Est-ce que la BNS interviendra durablement à hauteur de 2,5 milliards chaque mois?

Le montant de 2,5 milliards de francs n’est pas énorme pour la BNS. Elle a eu de la chance en mars dans la mesure où elle a profité du discours de la BCE et de sa volonté de réagir en cas d’inflation. 

Si la BCE changeait de cap et s’inquiétait davantage de la croissance et moins de l’inflation, le franc s’apprécierait à nouveau et la BNS pourrait peiner à s’y opposer avec des interventions.

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