Europäische Volkswirtschaften im Kreuzfeuer

Die Eurozone befindet sich nicht in einer guten Position, um vom Aufstieg der KI jenseits des Atlantiks zu profitieren, und sieht sich zunehmender chinesischer Konkurrenz gegenüber, wie Kevin Thozet von Carmignac feststellt.

 

Die Entwicklungen rund um Mitte Juni waren sowohl makroökonomisch stark – mit der Veröffentlichung der geldpolitischen Entscheidungen der EZB und der Fed im Abstand von einer Woche – als auch an den Märkten, insbesondere durch den Börsengang von SpaceX. Worauf sollte man zum Beginn des zweiten Halbjahres achten? Die Einschätzung von Kevin Thozet, Mitglied des Investmentkomitees bei Carmignac, im Anschluss an die Anfang Juni vorgestellten Perspektiven für die zweite Hälfte des Jahres 2026 des Vermögensverwalters.

Bei der Vorstellung seiner Perspektiven für die zweite Hälfte des Jahres war Carmignac der Ansicht, dass die inflatorischen Risiken von den Märkten unterschätzt würden. Liegt das vor allem an steigenden Energiekosten und deren Auswirkungen auf Rohstoffe oder an anderen Gründen?

Die höheren Energiekosten, bedingt durch den Anstieg der Ölpreise ab Ende Februar, sind ein Grund, aber nicht der einzige. In den Vereinigten Staaten haben sich die Inflationsaussichten für ein Jahr deutlich erhöht, von etwa 2,5% vor dem einschreitenden US-Ereignis im Iran Ende Februar auf 3,5%.

In Europa ist der Trend derselbe: Zwar startend von einem etwas niedrigeren Niveau um die 2%, liegen die Inflationserwartungen für 2026 bei rund 3%, auch wenn es je nach Institut Unterschiede gibt (Anmerkung: Anfang Juni erwartete die OECD einen Anstieg des harmonisierten Verbraucherpreisindexes der Eurozone um 2,8% im Jahr 2026). Die Markterwartungen, gemessen an Inflations-Swaps, stiegen von 2,4% Anfang Januar auf 2,52% Anfang Juni, was ebenfalls in dieselbe Richtung deutet.

«Die rund 700 Milliarden Investitionen, die 2026 im Zusammenhang mit KI geplant sind, gehen vor allem in die Taschen der Ausrüster, namentlich Nvidia oder Broadcom in den USA, TSMC in Taiwan, SK Hynix oder Samsung in Südkorea.»

A la question de savoir si la hausse des anticipations d’inflation est due essentiellement à la hausse des coûts de l’énergie, on peut observer que l’inflation dite «core» ou sous-jacente américaine (hors prix de l’énergie et des produits alimentaires) était déjà en train de réaccélérer avant le début du conflit en Iran. Et cela aussi bien pour  l’inflation sous-jacente concernant les biens sous l’effet des tarifs douaniers, que celle des services «core», hors logement, qui était en hausse dans un contexte de marché du travail toujours tendu et d’une économie résiliente.

Seit Mitte Juni sind die Ölpreise auf rund 75 US-Dollar pro Barrel gefallen, nachdem sie Anfang April ein Hoch von über 110 US-Dollar erreicht hatten. Kann man mit einem deutlichen Rückgang der Inflation rechnen, wenn sich die Ölpreise wieder in eine Band von etwa 70 bis 90 US-Dollar bewegen, zum Beispiel?

Nein, darauf würde ich mich nicht zu sehr verlassen. Denn selbst wenn die Ölpreise leicht fallen würden, würde das Problem der Inflation nicht gelöst werden. Man muss vielmehr den „Kometenschweif“-Effekt berücksichtigen, der durch den Anstieg der Ölpreise auf die Kosten von Energie und Rohstoffen im Allgemeinen auf die Preise von Gütern und Dienstleistungen ausstrahlt.

Außerdem neigt der Iran-Konflikt dazu, bestimmte inflationsbezogene Dynamiken zu verstärken, da er die Schlagworte wie die Rückverlagerung von Produktionsketten, die Auffüllung bestimmter Rohstoffe oder die Erhöhung der Ausgaben für Verteidigung und die Erneuerung von Munition wieder in den Vordergrund gerückt hat. Darüber hinaus besteht, angesichts wiederholter inflationsbedingter Schocks in den letzten Jahren, das Risiko, dass die Inflationserwartungen der Wirtschaftsakteure empfindlicher und länger anhaltend werden, was das Risiko einer Entankerung der Erwartungen erhöht.

Vous soulignez que la croissance de l’économie américaine est davantage tirée par les dépenses d’investissements, en grande partie en lien avec l’IA, bien davantage que par la consommation. Est-ce positif ou cela comporte-t-il aussi des risques de dépendance de l’économie américaine envers un seul moteur de croissance?

Zunächst sei daran erinnert, dass das Wachstum der US-Wirtschaft nach wie vor robust ist und deutlich höher als das der Eurozone und der meisten industrialisierten Länder. Allerdings zeigt sich, dass das BIP-Wachstum der USA weniger auf die Dynamik des Konsums zurückzuführen ist, sondern vielmehr auf die Investitionsausgaben, insbesondere in die Ausrüstung, die für den Aufstieg der KI erforderlich ist. Sie liegen bei ungefähr 1,5% für technologische Investitionsausgaben, gegenüber 0,5% für den Konsum. Und letzterer Anteil wird vor allem durch den Konsum der wohlhabendsten Haushalte und der wohlhabendsten Rentner getragen, die vom Vermögenseffekt profitieren, der durch die gute Verfassung der Aktienmärkte gestützt wird, während letztere wiederum vom Aufschwung der Techbranche getragen werden. Daher ist sicher, dass Ausgaben im Tech-Bereich ein zentraler Wachstumsmotor der US-Wirtschaft sind.

«Indirectement, il y a certaines entreprises européennes qui profitent du thème de l’électrification comme Schneider Electric ou Legrand en France ou encore Prysmian en Italie.»

En matière d’investissements, la Tech et l’IA restent une thématique centrale depuis le début de cette année. En même temps, d’importantes corrections affectent à intervalle régulier certains titres, à l’exemple de Broadcom et Micron qui ont perdu respectivement 20% et 15% au cours de deux séances en fin de semaine dernière. Comment se positionner face à cette volatilité accrue?  

Si l’on voit qu’il a été difficile pour les investisseurs de faire l’impasse en 2025 et 2026 sur les valeurs de la Tech, en particulier celles liées à l’IA, il est nécessaire de différencier selon les différents sous-segments et d’analyser chaque société séparément. Le simple fait d’afficher une croissance élevée des ventes et des bénéfices n’est plus le garant d’une poursuite de la progression du cours de l’action. D’un côté, certains titres comme Nvidia – compte tenu de la très forte croissance des ventes et des bénéfices du leader des puces-mémoire – affichent un ratio cours/bénéfices relativement raisonnable d’environ 20x. Ce n’est toutefois pas le cas de tous les titres qui gravitent autour de la thématique de l’IA et des semi-conducteurs. Dans ce contexte, privilégier les entreprises qui contrôlent les principaux goulets d’étranglement de l’écosystème de l’IA et gérer voire réduire, étant donné l’engouement actuel, le beta de ses investissements est un aspect clef.

Faudra-t-il à l’avenir opérer une plus grande sélection entre les différents sous-segments à l’intérieur de la Tech?

Dans les grandes lignes, il y a premièrement les équipementiers et les sociétés liées aux semi-conducteurs ou aux fabricants de puces-mémoire. Actuellement, ce sont ces entreprises qui gagnent le plus d’argent. Die rund 700 Milliarden Investitionen, die 2026 im Zusammenhang mit KI geplant sind, fließen vor allem in die Taschen der Ausrüster, namentlich Nvidia oder Broadcom in den USA, TSMC in Taiwan, SK Hynix oder Samsung in Südkorea.

Zweitens, il y a toutes les entreprises qui gravitent autour de la gestion des centres de données, des services de stockage dans l’informatique en nuage ou qui louent des capacités de calcul. Les hyperscalers comme on les appelle sont constitués de sociétés bien connues comme Amazon, Google, Microsoft ou Meta. Ils louent ces capacités de calcul notamment aux nouveaux géants de l’IA tels que Open AI ou Anthropic.

Le troisième segment est celui des logiciels. La valeur des titres de nombreux éditeurs de logiciels a certes fortement chuté durant le premier trimestre mais il faut aussi replacer cette correction dans le contexte de la très forte hausse de ces titres au cours des dix dernières années. Soudainement, les investisseurs se sont largement détournés du secteur des logiciels mais cela ne signifie pas que tous les éditeurs de logiciels sont voués à disparaître ou à être remplacés par les nouveaux acteurs de l’IA. Mais que les questions relatives à l’ampleur de la disruption induite par l’arrivée de nouveaux acteurs ne seront pas levées avant plusieurs trimestres de publications.

Nous préférons donc les deux premiers segments au troisième.

«Certaines entreprises comme Airbus ou Safran continuent d’être intéressantes pour les investisseurs. Elles ne sont pas directement impactées par la hausse des prix du kérosène.»

Que reste-t-il à l’Europe? Y a-t-il des entreprises européennes qui vous paraissent attrayantes actuellement?

Comparé aux Etats-Unis ou à l’Asie, l’Europe ne compte pas beaucoup de sociétés qui peuvent directement tirer parti de l’essor de l’IA actuellement. Les rares exemples sont ASML aux Pays-Bas ou ST Microelectronics en France dont les actions ont fortement progressé cette année. Indirectement, il y a certaines entreprises qui profitent du thème de l’électrification comme Schneider Electric ou Legrand en France ou encore Prysmian en Italie.

Néanmoins, les économies de la zone euro ne sont, dans l’ensemble, pas en très bonne position pour profiter de l’essor de l’IA outre-Atlantique et elles sont également fortement exposées à une concurrence chinoise accrue, par exemple dans le secteur automobile. Les économies européennes sont donc prises sous un feu croisé des guerres technologique, énergétique et commerciale. 

Que pourrait faire l’Europe pour améliorer sa situation et quels secteurs sont malgré tout intéressants?

L’UE doit réagir en poursuivant ses programmes d’investissement, notamment en Allemagne. Le conflit en Iran et la hausse des prix du pétrole qui en a résulté a plutôt entraîné une réallocation de cet argent des plans d’investissement vers des plans d’aides aux ménages et aux entreprises de certains secteurs. Pendant ce temps, l’Europe n’avance que trop doucement sur des dossiers tels que l’Union bancaire ou de l’épargne.

D’ici là, certaines industries européennes comme l’aéronautique et entreprises comme Airbus ou Safran continuent d’être intéressantes pour les investisseurs. Elles ne sont pas directement impactées par la hausse des prix du kérosène et leur activité dépend de contrats à très long terme et d’une tendance de fond et globale.

Enfin, le secteur bancaire européen n’est pas inintéressant dans un contexte de hausse des taux, la BCE relevant son principal taux directeur d’un quart de point ce mois-ci. Des taux en légère hausse, sans pour autant mettre le holà sur la dynamique économique, constitueraient un environnement favorable pour le secteur bancaire – qui bénéficierait en outre grandement d’un apaisement des conflits tant au Moyen Orient qu’en Ukraine.

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